07.04.2008
Ngozi, « the place to be »!
Encore une fois, je vous ai laissé sans nouvelle pendant quelques temps, mais comme je vous l’avais expliqué brièvement dans mon dernier « épisode », le travail ne manque pas : mémoire, cours, préparation, etc... Voilà, j’ai insisté pour amener des changements dans l’enseignement des langues à l’université et, évidemment, je me retrouve avec 2 fois plus de boulot. Mais comme dit l’autre : « t’as voulu, t’as eu, t’assumes ! ». Alors je vais assumer jusqu’à la fin de mon contrat. Mais je ne le vis pas trop mal car ces changements sont reçus positivement par mes collègues. Après le creux de la vague où je buvais la tasse en essayant de sortir la tête de l’eau, arrive enfin le temps où je me sens portée par le courant, prête à surfer sur le haut de la vague ! Après l’organisation des emplois du temps, je m’attaque à la « réforme » des mémoires de fin d’étude ! Mais je suis contente car mes propositions de « réforme » ont été très bien accueillies par mes collègues qui m’ont, par la même occasion, chargée d’élaborer les nouvelles propositions. Youpiii ! Moi qui avais peur de m’ennuyer les week-ends, une fois mes cours préparés. Mais comme je vous l’ai dit, pas de soucis car la période « Schtroumpf grognon » est terminée. Il y a du nouveau ! D’abord, des bébés : félicitations à Anne-Sé pour son petit Tymothée et à Sophie pour le petit Matis ! Francine, tu es la prochaine sur la liste. On attend donc la naissance de Shima-Tom avec impatience ! Autre nouveauté : Ngozi devient le rendez-vous immanquable pour les amateurs de musique « live ». Depuis la reprise du night-club La Moda par Jean-Paul –un « business-man » burundais avec un accent belge à couper au couteau !- Ngozi est devenu Ze place tou bi ! Il y a d’abord « l’Accoustic Café » les soirs en semaine, avec Albert et sa guitare qui chante Joe Dassin (incontournable au Burundi), des tubes burundais et ses propres compositions. Le week-end, place au groupe formé par Albert qui a réuni des jeunes musiciens de Ngozi pour animer les soirée ngoziennes. C’est une chance pour ces jeunes artistes de se produire devant un public et depuis la formation du groupe il y a plus d’un mois, il y a eu de sacrées améliorations. On peut même dire qu’ils ont « mis le feu », ce samedi soir, pour un concert en hommage au célèbre chanteur (enfin... célèbre au Burundi) Thcanjo Amisi. Il y avait même une équipe de la télé nationale ! Plus tôt dans la journée, Albert et son groupe avaient aussi fait danser les plus petits à l’occasion du spectacle des enfants de Busiga monté par Albert. En effet, pendant les vacances de Pâques, il s’était rendu 3 fois par semaine à l’orphelinat pour préparer un spectacle avec les enfants de l’orphelinat. Une grande première pour ces enfants dont la créativité artistique n’est pour ainsi dire, jamais « titiller ». Mais ils ont été à la hauteur et nous ont offert une super représentation ! Chapeau à l’artiste-éducateur et aux enfants ! Pour récompenser les enfants de leur travail, Albert et son groupe ont fait un mini-concert dans le jardin de l’orphelinat avant de repartir vers Ngozi pour le concert à La Moda. Sarah et Denis sont également venus à Ngozi pour fêter, avec tous les copains de Ngozi, l’anniversaire d’Oscar, notre collègue espagnol. C’est donc un week-end bien rempli qui se termine par un après-midi tranquille mais studieux à Busiga. Bisous à tous, portez-vous bien et à très bientôt pour ceux que je verrai à Saint-Malo. Je serai à Saint-Malo du 06 au 27 mai, mais indisponible les week-ends du 10 et du 24. Ciao !
10:49 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.02.2008
il pleut, il pleut, bergèreueueu...
Ça y est ! Nous sommes en pleine saison des pluies ! Au programme : pluie diluvienne l’après-midi, froid de canard le soir, et quand même un petit rayon de soleil (parfois) le matin. Ça ne paraît pas mais vivre dans ces conditions demande un grand sens de l’organisation. Il faut prévoir ses courses et ses déplacements pour le matin... Disons, jusqu’à 15H, vous avez une chance de ne pas vous prendre l’averse sur la tête. Si vous n’êtes pas chez vous au moment où l’orage éclate, priez pour qu’un de vos colocs ait rentré le linge qui séchait dans le jardin et fermé la fenêtre de votre chambre. Sinon, le jean mettra encore 2 jours à sécher et vous êtes bon pour la serpillière dans la chambre. En cette saison, il faut aussi savoir organiser son travail et être TRES flexible sur son emploi du temps : les coupures de courant sont quotidiennes et d’une durée indéterminée entre 5 minutes et 2 heures. Il vaut mieux donc éviter de baser son cours sur des documents trouvés sur Internet (problèmes de courant, de connexion, le résultat est le même : le cyber est fermé à chaque fois qu’on avait prévu d’y aller. Pfff...). Il est préférable aussi de faire toute la lecture nécessaire en plein jour, sinon on risque de perdre la vue rapidement à préparer ces cours à la lumière d’une bougie. Préparez assez de travail à copier au tableau avec les étudiants car parler dans le vacarme crée par la pluie qui tombe sur la tôle, revient à sacrifier ses cordes vocales. Quant aux photocopies, monopolisez la photocopieuse tant qu’il est encore temps ! Une coupure de courant, un bourrage dans la machine, le « préposé à la photocopieuse » introuvable... Qui sait ce qui peut arriver ?! Ah, oui ! le « préposé » à la photocopieuse est une idée lumineuse de notre Secrétaire Général, pour faire comprendre qu’on ne peut vraiment pas faire confiance à des profs de facs pour l’utilisation d’un engin si perfectionné, et qu’il est préférable de confier cette tâche à un « planton » (un gardien qui sait aussi faire le thé !) qui, de surcroît, ne parle pas français. C’est sûr qu’avec de telles décisions, on va améliorer les relations entre le personnel académique et de personnel administratif. Et moi, je fais comment pour lui expliquer que je veux les 2 pages réduites en A5 sur 1 recto et la 3éme feuille sans réduction sur le verso ? Bref ! La saison des pluies, c’est pas drôle. Surtout quand on reste un week-end à Ngozi pour travailler et que la seule personne à la maison, c’est mutama qui se plaint d’avoir des problème digestifs et qu’il ne peut manger que du riz blanc, qu’il ne peut pas manger de fromage, de chocolat, de saucisson, ni boire de café, de thé ou d’alcool à cause de sa tension, qu’il a mal aux cordes vocales à force de parler très fort en classe, qu’il dort très mal, que ses étudiants ne sont pas réactifs, qu’il est invraisemblable que son cours soit reporté car un professeur visiteur enseigne sa classe pendant une semaine, que l’attitude de l’Eglise au Burundi est scandaleuse... etc... Je continue ou j’ai déjà réussi à vous saper le moral ? Mais dans cette grisaille, il y a quand même un rayon de soleil ! Même plusieurs ! D’abord, un ami chanteur est arrivé depuis 2 semaines et chante tous les soirs dans un cabaret de Ngozi et ça, c’est hyper sympa ! Il n’y avait jusqu’à présent aucun concert à Ngozi et je regrettais l’animation des maquis maliens où tous les week-end des groupes mettaient l’ambiance. Autre rayon de soleil : mes 6 étudiants de dernière année m’ont invitée à partager un verre avec eux pour fêter la bonne année et... m’accueillir ! Surprenant, non ?! Après 15 mois d’efforts, ils ont pu organiser ce qu’ils souhaitaient faire depuis plus d’un an. Rien que leur persévérance est une marque de reconnaissance. On a donc partagé fanta, brochettes et discours, comme cela se fait toujours ici. C’était un moment très sympa, et je me dis que mes efforts fournis ne sont pas vains car ils semblent très contents du travail que nous avons fait ensemble jusqu’à présent. Allé, le week-end se termine et je dois encore préparer les cours, alors bises à tous et à bientôt.
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23.01.2008
Episode 29 : Le Moulin des Copains
Vendredi en fin de journée après l’averse quotidienne, j’ai filé vers Busiga laissant seul à la maison, Enrique, notre nouveau coloc... Enfin pas si nouveau pour moi puisque nous avions déjà habité ensemble lors de mes 3 premiers mois au Burundi. Vous vous rappelez ? Le sexagénaire espagnol, ancien prof de physiques, angoissé de la vie... Et bien, il est de retour ! Pour 6 mois !
Toujours aussi détendu : il prend 2 traitements contre le pallu en même temps, ne supporte pas l’idée de rincer la vaisselle dans une eau de rinçage où flotte une mince pellicule de mousse des premières assiettes rincées, préfère manger sur un set de table (merci maman, ton set de St-Malo sert quotidiennement) car la table en bois doit être couverte de bactéries qui ont juré la mort d’Enrique. Il ne veut pas non plus laisser les clés de la maison (nous avions 2 clés pour trois) à Laurent, notre cuisinier depuis 1 an. Il a raison, c’est mieux de se méfier de tout le monde (surtout des rares personnes de confiance). Ça repose l’esprit !
Enfin, il se scandalise de ne commencer les cours (qui restent à définir) que dans 3 semaines. S’il avait su, il aurait accepté la proposition qu’on lui avait faite pour l’Uruguay.
Aaahhhh, s’il avait su...
Heureusement que j’ai commencé les cours, je ne fais pas trop attention à ces « coups de gueule » et je crois surtout que j’ai pris le pli. Par contre, Julien semble avoir un peu plus de mal à supporter cet énergumène paranoïaque qui parle toujours à un volume sonore qui finira par endommager notre capacité auditive.
Bref, après une semaine à trois, entre un « mutama[1] » angoissé et Julien décomposé, ce week-end de peinture avec Sarah et Denis n’allait me faire que le plus grand bien !
C’est toujours comme des vacances chez les Salades (surnom de Sarah et Denis, je vous expliquerai les raisons à mon retour, sinon je vais encore passer la moitié de cet épisode à faire des digressions). On mange toujours plein de bonnes choses : des pizzas et du bon pain complet confectionnés à la maison, ou des trésors sortis des colis envoyés par la famille ou les amis : cassoulet, broyé du Poitou... hummmm ! C’est l’occasion de retrouver des lectures saines : Public, Closer, Voici... de quoi avoir des nouvelles de Carla et Nico, de Britney et autres personnes qui illuminent notre société. Bin, oui ! Sinon, pourquoi les appelle-t-on des « Stars » ?! Ah, pardon ? Y’en a un c’est un homme politique ?! Excusez-moi, mais franchement, vous voyez une différence ?
Bref, samedi, j’ai retroussé mes manches pour réaliser l’enseigne du moulin de l’orphelinat. Après multiples péripéties pour ramener un container, le moulin (financé par des amis des Salades) est enfin en place et... fonctionne ! Il leur fallait donc une belle enseigne. Denis avait imprimé ce que je devais reproduire sur la plaque de métal. Mais passer d’un modèle A4 à un panneau d’1m60 de haut, c’est pas évident.
Après 2 jours de mesures, de calculs, de coups de crayon et de pinceau, tout en inhalant les vapeurs de peinture et d’essence (une façon de me rapproche des enfants de la rue. Je comprends mieux leur état après avoir sniffé de l’essence toute la journée. Rassurez-vous, je suis loin d’être accroc), le panneau était terminé : « Le Moulin de l’Espoir » avec le logo de l’orphelinat et un petit mot de remerciement aux donateurs.
Espérons qu’ils fonctionne longtemps (enfin, surtout après le départ des Salades) et que l’argent serve à des choses utiles pour les enfants.
Je mettrai en ligne les photos du moulin dès que je les récupère.
Voilà, le week-end est terminé. Mais dès samedi prochain, je retourne à Busiga avec d’autres amis (y aura tout plein de monde. Chouette !) retrouver les Salades et les petits morveux de l’orphelinat. Attention, ce n’est pas péjoratif. C’est la réalité : ils ont tout le temps de belles moustaches de morve sous le nez qu’ils essuient d’un revers de manche, tout en reniflant. Ils sont trop mignons !
Sur ce, je vous envoie un de ces bisous d’enfants morveux qui colle mais qu’on ne peut jamais refuser.
A plus !
[1] Mutama : « le vieux », terme kirundi qui n’est PAS péjoratif et qui s’applique à tout homme qui a acquis une « certaine » expérience de la vie. Je ne voudrais surtout pas m’attirer les foudres des 60-ans-et-plus (dont mes parents) qui seraient vexés (ce qui se comprendrait) d’être catalogués comme « vieux » par une petite nana insolente de 27 ans bien planquée au Burundi.
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