23.01.2008

Episode 29 : Le Moulin des Copains

Cela faisait longtemps que je n’avais pas passé un petit week-end à Busiga, alors quand Sarah et Denis m’ont demandé un coup de main pour faire de la peinture, j’ai bien sûr accepté immédiatement !

Vendredi en fin de journée après l’averse quotidienne, j’ai filé vers Busiga laissant seul à la maison, Enrique, notre nouveau coloc... Enfin pas si nouveau pour moi puisque nous avions déjà habité ensemble lors de mes 3 premiers mois au Burundi. Vous vous rappelez ? Le sexagénaire espagnol, ancien prof de physiques, angoissé de la vie... Et bien, il est de retour ! Pour 6 mois !

Toujours aussi détendu : il prend 2 traitements contre le pallu en même temps, ne supporte pas l’idée de rincer la vaisselle dans une eau de rinçage où flotte une mince pellicule de mousse des premières assiettes rincées, préfère manger sur un set de table (merci maman, ton set de St-Malo sert quotidiennement) car la table en bois doit être couverte de bactéries qui ont juré la mort d’Enrique. Il ne veut pas non plus laisser les clés de la maison (nous avions 2 clés pour trois) à Laurent, notre cuisinier depuis 1 an. Il a raison, c’est mieux de se méfier de tout le monde (surtout des rares personnes de confiance). Ça repose l’esprit !

Enfin, il se scandalise de ne commencer les cours (qui restent à définir) que dans 3 semaines. S’il avait su, il aurait accepté la proposition qu’on lui avait faite pour l’Uruguay.

Aaahhhh, s’il avait su...

Heureusement que j’ai commencé les cours, je ne fais pas trop attention à ces « coups de gueule » et je crois surtout que j’ai pris le pli. Par contre, Julien semble avoir un peu plus de mal à supporter cet énergumène paranoïaque qui parle toujours à un volume sonore qui finira par endommager notre capacité auditive.

Bref, après une semaine à trois, entre un « mutama[1] » angoissé et Julien décomposé, ce week-end de peinture avec Sarah et Denis n’allait me faire que le plus grand bien !

 

C’est toujours comme des vacances chez les Salades (surnom de Sarah et Denis, je vous expliquerai les raisons à mon retour, sinon je vais encore passer la moitié de cet épisode à faire des digressions). On mange toujours plein de bonnes choses : des pizzas et du bon pain complet confectionnés à la maison, ou des trésors sortis des colis envoyés par la famille ou les amis : cassoulet, broyé du Poitou... hummmm ! C’est l’occasion de retrouver des lectures saines : Public, Closer, Voici... de quoi avoir des nouvelles de Carla et Nico, de Britney et autres personnes qui illuminent notre société. Bin, oui ! Sinon, pourquoi les appelle-t-on des « Stars » ?! Ah, pardon ? Y’en a un c’est un homme politique ?! Excusez-moi, mais franchement, vous voyez une différence ?

Bref, samedi, j’ai retroussé mes manches pour réaliser l’enseigne du moulin de l’orphelinat. Après multiples péripéties pour ramener un container, le moulin (financé par des amis des Salades) est enfin en place et... fonctionne ! Il leur fallait donc une belle enseigne. Denis avait imprimé ce que je devais reproduire sur la plaque de métal. Mais passer d’un modèle A4 à un panneau d’1m60 de haut, c’est pas évident.

Après 2 jours de mesures, de calculs, de coups de crayon et de pinceau, tout en inhalant les vapeurs de peinture et d’essence (une façon de me rapproche des enfants de la rue. Je comprends mieux leur état après avoir sniffé de l’essence toute la journée. Rassurez-vous, je suis loin d’être accroc), le panneau était terminé : « Le Moulin de l’Espoir » avec le logo de l’orphelinat et un petit mot de remerciement aux donateurs.

Espérons qu’ils fonctionne longtemps (enfin, surtout après le départ des Salades) et que l’argent serve à des choses utiles pour les enfants.

Je mettrai en ligne les photos du moulin dès que je les récupère.

 

Voilà, le week-end est terminé. Mais dès samedi prochain, je retourne à Busiga avec d’autres amis (y aura tout plein de monde. Chouette !) retrouver les Salades et les petits morveux de l’orphelinat. Attention, ce n’est pas péjoratif. C’est la réalité : ils ont tout le temps de belles moustaches de morve sous le nez qu’ils essuient d’un revers de manche, tout en reniflant. Ils sont trop mignons !

 

Sur ce, je vous envoie un de ces bisous d’enfants morveux qui colle mais qu’on ne peut jamais refuser.

A plus !



[1] Mutama : « le vieux », terme kirundi qui n’est PAS péjoratif et qui s’applique à tout homme qui a acquis une « certaine » expérience de la vie. Je ne voudrais surtout pas m’attirer les foudres des 60-ans-et-plus (dont mes parents) qui seraient vexés (ce qui se comprendrait) d’être catalogués comme « vieux » par une petite nana insolente de 27 ans bien planquée au Burundi.

Commentaires

Bravo quand même à l'angoissé de la vie qui, de plus, retourne une seconde fois au Burundi ... As-tu encore sa liste de personnes à prévenir en cas de problème ? Et attention, dis lui que les traitements contre le palu peuvent le rendre malade, pauvre mutama !
Côté jardin, mis à part les Salades, qui ont atteint leur taille maxi, j'imagine, qu'avec la pluie, tout doit pousser à la vitesse V.
Côté moulin, on attend les photos ....

Ecrit par : une lectrice assidue | 23.01.2008

Les photos, les photos...!!!

Bonne continuation,

Bisous de nous 3

Ecrit par : PhiCel | 31.01.2008

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