01.11.2007
Béné Tour Operator
Comme vous le saviez peut-être ma maman m’a rendu visite du 17 au 26 octobre. Après un an de séparation, nous nous sommes donc retrouvées à l’aéroport de Bujumbura, découvrant la nouvelle coiffure de l’une et l’autre (ses cheveux gris, mes cheveux courts). Très émouvant ! (les retrouvailles, pas les cheveux !) Mais bien sûr, pour ceux qui nous connaissent bien, vous savez qu’on retient toujours ce genre d’émotion. Ce n’est toujours pas dans la tradition familiale de se laisser aller en public. Voyons, un peu de tenue !
Je lui avais donc concocté un petit périple à travers le Burundi afin de lui faire découvrir la variété des paysages et les endroits que j’aime et où je vis.
Avant de partir vers le Nord, nous nous sommes reposées chez Céline, Estelle, Mélanie et Julien (enfin c’est surtout maman qui s’est reposée après un long voyage plutôt fatigant car les avions et les aéroports ne sont certes pas les meilleurs endroits pour se reposer). Elle a donc pu ouvrir son épicerie roulante. Je veux parler de sa valise, bien sûr. 25kg de bagages dont 5kg pour ses affaires ; le reste constituant la meilleure épicerie/bazar que l’on puisse trouver au Burundi. On aurait pu l’appeler « Au Bonheur des Volontaires » ! Tout y était : des bonbons au chocolat pâtissier en passant par des CD vierges au vermifuge pour chat, du pâté Hénaff au déodorant Yves Rocher, sans oublier les cartouches d’encre pour l’imprimante et même le set de table de Saint-Malo ! Et je ne vous fais pas la liste complète, j’ai d’autres choses plus intéressantes à vous raconter.
Jeudi matin, direction Ngozi. Maman découvre le bus local qui monte plus ou moins vite (selon le chauffeur et le véhicule) à travers les montagnes et les collines vertes de la région nord. Pas très facile de prendre des photos sur la route parfois cabossée et cela demande rapidité et anticipation pour prendre le cliché du paysage avant le virage, le camion ou le bananier qui masquera la vue. L’étonnement de maman m’a rappelé mes premières impressions en voyant les cyclistes remonter les collines, accrochés à l’arrière des camions qui croisent d’autres cyclistes surchargés de régimes de bananes vertes dévaler à toute vitesse la route jusqu’à Bujumbura. Là, on ne pense même pas à l’accident, ça ne serait vraiment pas beau à voir.
Après une courte halte à Ngozi, nous remontons encore plus au nord pour découvrir Kirundo et se payer une petite balade en pirogue sur le Lac aux Oiseaux, le lendemain à l’aube. Malgré quelques soucis de piles pour l’appareil, je crois que maman a aimé cette petite balade.
Nous nous arrêtons brièvement à Ngozi pour partager le déjeuner chez la famille de Sidibi, les personnes les plus modestes mais les plus gentilles que je connaisse ici. Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, mais c’est avec le sourire que sa maman et son frère nous offre le couvert. Au menu : riz, sauce tomate, ndagala (petits poissons séchés) et jus de banane, dans la petite maison en terre crue au milieu des bananiers. Voilà la vie simple de la plupart des Burundais. La maman de Sidibi doit vraiment se demander ce que l’on mange en France, il n’y a pas de manioc ni de patates douces, pas de colocases ni même de bananes ! Incroyable !
Dans l’après-midi, nous partons vers un endroit encore plus isolé mais beaucoup plus confortable : la maison de Sarah et Denis à Busiga. Maman visite l’orphelinat, les jardins, l’atelier et repart avec des confitures et des cartes postales fabriquées sur place. Nous profitons de l’après-midi pour faire un petit tour du marché de Ngozi avant de dîner avec les prêtres de l’évêché. La suite de la soirée sera beaucoup plus agitée : finale de rugby puis rythme d’enfer sur la piste de la Moda, la nouvelle boîte de Ngozi. Et ce, jusqu’à 4h30 ! Il a presque fallu insister pour ramener maman ! ...non, maman, je plaisante. Mais tu as épaté tout le monde !
Le lendemain, nous retournons à Bujumbura, récupérer la voiture de location pour un autre petit périple, dans le sud du pays, cette fois-ci.
Nous prenons donc la route lundi matin, en compagnie de Faradji, notre chauffeur, direction Saga Resha, le temps de faire une pose « fanta » avec des amis qui passaient la journée là-bas. C’est une plage isolée à 1h30 de Buja où il fait bon se baigner, boire un verre et manger des brochettes de poissons. Mais nous quittons rapidement nos amis pour déjeuner à Rumonge (prononcé Roumongué, n’est-ce pas maman ;o). Ce devait être un déjeuner rapide mais la restauration au Burundi réserve toujours des surprises. Peu importe... nous sommes en vacance et il n’y a pas de train à prendre... d’ailleurs, il n’y a même pas de gare au Burundi, alors...
Notre tentative de visiter la réserve forestière de Bururi se soldera finalement par un échec, faute de trouver une piste praticable pour accéder à l’entrée du parc. Pas de stress... Continuons dons vers Buta où nous comptions de toute façon passer la nuit. A Buta, nous découvrons le monastère, la belle hôtellerie et le mémorial isolés à la lisière d’une forêt d’eucalyptus. Le mémorial rappelle le massacre d’une 40aine de jeunes séminaristes (moyenne d’age de 17 ans) massacrés à cet endroit en 1997 car ils refusaient de se séparer en 2 groupes (Hutus et Tutsi) comme leur ordonnaient les hommes armés qui les avaient attaqués. C’est un lieu très fort qui, grâce au Père Zacharie, rend hommage au courage de ces « Martyr de la Fraternité ».
Le soleil n’ayant pas encore disparu, il nous restait alors encore un peu de temps pour nous rendre aux sources d’eau chaude à 9 km de là. Mais ne vous y méprenez pas, vu l’état de la piste, il faut bien plus de 10 minutes pour s’y rendre. Heureusement, nous avions un conducteur exceptionnel (moi, en l’occurrence ;o) ...mais où était Faradji ?) pour nous y conduire en 45 minutes !
Je crois que maman a été impressionnée par les nombreuses femmes avec enfants qui se baignaient dans le bassin chaud et elle n’a pas osé se baigner. Moi, j’avais trop galéré sur la piste pour ne pas en profiter une fois arrivée ! ahhh, un bon bain chaud....
Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà repartis vers la plaine du Mosso pour visiter l’usine de sucre, la Sosumo. C’est incroyable, rien ne se perd, tout se transforme dans le sucre !
Mais pas de temps à perdre ! Une fois la visite terminée et le déjeuner avalé, on remonte dans la voiture pour rejoindre Ruygi où je dois retrouver Jean-Baptiste qui travaille à la Maison Shalom et que je n’ai pas vu depuis 1 an. C’est-à-dire depuis que nous nous sommes quittés à l’aéroport de Bujumbura après 2h de discussion dans l’avion, lors de mon arrivée au Burundi.
Il nous fait un accueil remarquable, nous offre le gîte et le couvert et nous fait visiter les différentes structures de la Maison Shalom : la bibliothèque des Anges, le garage des Anges, le cinéma des Anges, etc... Tout cela est né d’une femme, Maggy, qui a recueilli 25 orphelins des massacres et a construit des maisons d’accueil puis des ateliers et bientôt un hôpital (beau projet mais qui laisse perplexe) pour le bien-être de ces enfants et de l’ensemble de la communauté de Ruygi.
Dès le mercredi matin, nous laissons Ruygi et les rêves de Maggy derrière nous, pour rejoindre d’autres enfants et d’autres rêves, ceux que font la directrice et les enfants du Centre pour sourds et muets à Gitega. J’avais eu l’occasion de les rencontrer quelques semaines auparavant et je souhaitais faire découvrir cette structure à maman qui cherchait un projet à soutenir avec les amies du club Inner Wheel. Toujours très occupée, la directrice nous a accueillis avec le sourire avant de partir pour Bujumbura où une exposition des productions de diverses associations était organisée par le Binub (l’ONU au Burundi). Chouette ! L’occasion pour nous de faire les achats d’artisanat, tout en soutenant de beaux projets.
Nous rentrons à notre tour sur Bujumbura et profitons d’avoir encore la voiture pour nous rendre au parc de la Rusizi, observer les hippopotames ! Eh oui ! ça manquait un peu au programme, les animaux. Nous n’avons pas été déçues, les hippo étaient au rendez-vous. Mais les crocos ne nous ont pas attendues, le soleil était déjà caché et l’heure de la bronzette terminée... zut !
Comme tout bon tour operator qui se respecte, j’avais réservé la dernière journée pour le shopping. Maman en a profité pour remplir sa valise de nappes, paniers, cartes (encore !) et autres souvenirs du Burundi.
Il n’y a pas que la valise, d’ailleurs, qui était pleine de souvenirs. Je pense que la tête de maman aussi. Je l’ai donc ramenée à l’aéroport pour la laisser repartir vers la France. Je lui laisse le soin de vous raconter, pour ceux qui ont son contact, ses impressions et tout le reste.
Merci maman pour ta visite. J’espère que je n’ai pas trahi dans mes mots ce que tu as vu et vécu pendant ton séjour. Si tu as des remarques ou ajouts à faire, tu peux bien sûr le signaler dans un commentaire ou même écrire un contre-épisode !
Merci pour les lecteurs qui ont tenu jusqu’à la fin. C’est un épisode un peu long mais j’espère avoir réussi (même si c’est présomptueux) à vous faire partager un peu de ces moments et pourquoi pas (oulala ! trop présomptueux !) à vous donner l’envie de découvrir ce pays (avec ou sans moi... mais sans, vous perdez quelque chose ! ;o)
Prenez soin de vous, à la prochaine.
PS : des petites nouvelles de vous ou des commentaires me font toujours plaisir. A bon entendeur ! ;o)


