21.07.2007

Episode 19, Kirundo

Pour moi comme pour certains d’entre vous, le temps des vacances est arrivé. Enfin un (rare) moment de pause... (Céline, je plaisante. C’est de la pure provoc’ !)

Bref, comme je vous l’avais annoncé, il ne me reste que les examens à faire passer : première et deuxième session, soit 22 examens. Je précise pour ceux qui sont encore persuadés que je vais me tourner les pouces jusqu’en octobre. Non ! Je ne vais pouvoir me tourner qu’un pouce à la fois...oooh zuuut...

 

Ces vacances commencent d’ailleurs plutôt bien. L’arrivée de Marie (la sœur de Sarah) et d’Olivier (son copain) a été l’occasion d’une excursion à Kirundo. Cette charmante bourgade burundaise se situe à 1h de route au nord de Ngozi. Perchée sur les collines, la petite ville domine le lac paisible de Rwihinda. (Remarquez le style lyrique, je pourrais peut-être faire les commentaires des reportages du 13h de JP Pernaux !)

Bref !

Ayant programmé cette excursion depuis plusieurs jours, les copains de Busiga* et moi-même attendions impatiemment la fin de la semaine pour filer sur les bords du lac et glisser sur les eaux à bord d’une pirogue...

Oui mais voilà ! J’avais confié ma voiture au garagiste pour qu’il change les filtres qui apparemment ne filtraient plus grand-chose. Et en voyant ma voiture au fond de la cour du garage vendredi à 18H, et sans nouvelle du garagiste, on s’est dit que le départ allait être retardé. Et la question qui se pose souvent c’est « jusqu’à quand ? ».

Après une chasse à l’araignée et une partie de Pickomino, nous avons donc dormi à la maison. Le lendemain matin, la voiture a même été déposée devant ma porte vers 9H, formidable ! On a donc attendu 10H, la fin des travaux communautaires, pour pouvoir circuler et partir en week-end. Seulement, avoir une voiture avec des filtres neufs c’est bien, mais pouvoir démarrer, c’est mieux ! Et oui, le garagiste m’avait rendu la voiture avec la batterie vide ! Ah quelle bonne blague !

Allez, on ne s’est pas démonté et j’ai rappelé mon garagiste qui est venu avec des câbles rafistolés pour démarrer la voiture. Ouf ! ça démarre ! On est finalement partis soulagés et détendus... enfin pas tout à fait... Mon garagiste m’avait demandé de remettre de l’essence avant de changer les filtres. Je lui avais donc confié la mission et l’argent pour remettre 15 litres dans le réservoir. Ayant parcouru les 2/3 du trajet je constatai que le réservoir était presque vide. Et la prochaine station d’essence était... à Kirundo ! Gloups ! Denis a fait le calcul entre la distance parcourue et la quantité d’essence « supposée » dans le réservoir, et notre consommation s’élevait à 18L au 100km ; ce qui fait beaucoup pour un diesel ! Le garagiste m’a donc piqué 5 litres d’essence (qu’il justifiera ensuite par le changement des filtres qui nécessite de consommer de l’essence... Y a-t-il des mécaniciens pour confirmer ?)

Arrivés à l’hôtel, on a encore du négocier avec les responsables qui voulaient nous faire payer la nuit de vendredi à samedi que nous avions réservée mais pas annulée puisque ils étaient injoignables (ils ont eux-mêmes avoué que le téléphone ne fonctionnait pas, mais insistaient tout de même pour que l’on paie 2 nuits au lieu d’1. Pas mal !)

Oulala, moi je sentais la pouasse nous poursuivre mais le reste du week-end a été fantastique. Nous sommes aussitôt partis vers les bords du Lac aux Oiseaux pour visiter une huilerie et pique-niquer au bord de l’eau. L’Abbé Gérard nous a accueilli dans son centre agro-pastoral où ils fabriquent donc ... ?

...de l’huile (merci pour ceux qui suivent) et où ils forment les paysans à la gestion raisonnables des leurs terres et de leurs ressources. Un projet de fabrication de « mousseux » d’ananas verra bientôt le jour, en attendant de pouvoir réaliser d’autres projets comme un centre de formation professionnelle pour les bacheliers qui n’accèdent pas à l’université et se retrouvent sans qualification. Voilà un homme dynamique et passionné par ce qu’il fait, il nous a parlé des systèmes de récupération d’énergie, des énergies nouvelles qu’il faudrait développer ici, etc. Si vous connaissez un ingénieur agronome qui souhaite aider un beau projet, je sais où l’envoyer. Et le cadre est superbe !

Nous souhaitions donc profiter de ce cadre pour pique-niquer. Mais comment pique-niquer en pleine nature dans un endroit surpeuplé où les gens ont parfois du mal à se nourrir ? C’est un peu comme se faire un repas de Noël en face des Resto du Cœur... ça met mal à l’aise.

On est donc retournés chez Gérard pour manger nos sandwiches dans son jardin. Trop sympa Gérard !

Après une après-midi balade et sieste, le meilleur poulet du Burundi (ou réputé comme tel) nous attendait sur la table d’un petit boui-boui éclairée par un néon branché sur une batterie de voiture (toute une installation !). Accompagné d’un verre de bière de banane (isongo), il ne manquait rien.

Le lendemain matin, nous étions levés aux aurores pour aller observer les oiseaux au Lac Rwihinda, plus connu des étrangers sous le nom de Lac aux Oiseaux (quelle originalité !) à l’heure où ils sont encore sortis (les oiseaux, pas les étrangers) pour profiter de la fraîcheur matinale. Ibis, martins pêcheurs, hérons, cormorans, canards, aigle pêcheur et même un hibou (énorme !) étaient au rendez-vous. A l’heure où certains (étrangers, pas oiseaux) vomissent dans les toilettes d’une boîte de nuit, nous glissions sur l’eau dans la lumière douce et diffuse du lever de soleil pour rejoindre un îlot au milieu du lac, refuge pour ces oiseaux à l’écart des hommes. Un de ces instants où l’on n’échangerait sa place pour rien au monde.

Même les meilleures choses ont une fin et après 2 heures de balade en pirogue (tout de même) nous sommes repartis vers Ngozi et Busiga avec pleins de belles images dans la tête !

 

*(Un cadeau à gagner pour ceux qui peuvent me citer leurs prénoms en moins de 5 secondes)