26.06.2007
Episode 18 Festival Interuniversitaire des Arts de Butaré
...Et là ! Je crée un sentiment d’inquiétude chez tous les lecteurs qui ont sauté l’épisode 17 « Que s’est-il passé ? ».
Alors !? Que faire ? Vous continuez de lire cet épisode ou vous cliquez immédiatement sur le précédent ? A moins que vous n’ayez reçu le coup de fil de votre meilleure copine pour vous dire « t’as lu le dernier épisode ?! Non ???? ‘Faut que je te raconte ! C’est terrible ! »
...d’accord, j’en rajoute... j’ai cru, l’espace d’un instant, au succès considérable de mon blog, devenu un « blogbuster », créant chez mes fans la même angoisse que je ressentais en attendant la saison suivante de Friends ! Mais Spielberg ne m’a pas contactée pour acheter les droits de mon aventure burundaise et mes 9m2 de chambre sur ma colline au fin fond du Burundi ne ressemblent pas à un plateau TV où j’expliquerais comment Loana m’a appelée pour écrire ma biographie... snif !...
Mais je sais que mes « fans » sont là. Oui maman, je n’oublie pas que tu es ma première fan ! Je n’oublie pas non plus les copines et la famille ;o) Merci à tous.
Il est vrai que je ne suis pas très reconnaissante ces derniers temps et vous aviez cru que je vous avais oubliés. Loin de là ! Mais, vous comprenez « Nous Les Artistes nous souffrons du génie de la Créativité, maître et esclave à la fois, au cœur de nos contemporains et pourtant si loin et inaccessibles... »
Eh oui, ça vous épate ! Je sais, c’est normal... Vous serez gentils de ne pas vous approprier cette citation, elle est de Moi. Merci.
Bref ! Tout ça pour vous dire que je n’avais pas l’inspiration... « Quoi !? T’as retenu ton souffle pendant tout ce temps ? Trop balaise ! » (Intervention stupide de la petite voix stupide).
Plus de tracas ! Tonton Cristobal et le moral sont revenus ! Le week-end dernier, j’ai assisté au 5ème Festival Interuniversitaire des Arts de Butaré (Rwanda) qui réunit les étudiants de la région des Grands Lacs (Rwanda, RDC, Burundi, Ouganda, Tanzanie et Kenya) pour trois jours de représentations artistiques : danse, musique, théâtre, tambours. Les jeunes artistes doivent traiter chaque année d’un thème à travers leurs créations, le thème de cette année étant « la bonne gouvernance ». A l’issu de ce week-end de réjouissances, le jury élit le meilleur groupe dans chaque catégorie. L’université de Ngozi, que j’ai accompagnée et qui concourait pour le meilleur tambour, a décroché la 2ème place (sur 2 groupes inscrits, c’était pas trop dur).
Bien sûr, ça a été toute une histoire pour que je les accompagne. Mais comment pouvait-il en être autrement quand on sait mon aptitude à faire les choses simplement. ;o)
Après avoir récupéré à Bujumbura mon passeport contre 60 dollars, j’ai rejoint la troupe à Ngozi pour m’entendre dire qu’il n’y avait peut-être pas de place pour moi. Gloups ! Mais finalement, il y a toujours une solution et une fois arrivés sur place, on a été accueillis comme des princes (hôtel top classe). J’ai même fait partie du jury ! Ce qui est assez drôle pour quelqu’un qui n’était pas sensé être là. Oui mais voilà, juger du théâtre sans comprendre la langue (kyniarwanda) me paraissait difficile. Mon rôle s’est donc limité à l’observation simple des spectacles pendant 3 jours. Ce qui m’a aussi permis d’éviter de monter sur la scène comme membre du jury lors de la cérémonie de clôture. Ouf !
Les 12 universités participantes ont présentés des spectacles remarquables. C’était impressionnant de voir ces jeunes en jean/baskets la journée, monter sur scène en habit traditionnel et danser comme on le fait chez eux depuis des générations, avec les tambours, les lances, les peaux de bêtes et les calebasses. Toutefois une pointe de modernité est venue du Congo qui a mis le feu à la salle avec leur musique et leur danse improbable mais qui fait bouger tout le monde en boîte de nuit. Fantastique !
Le cadre du FIAB (comprenez « le festival ») était également impressionnant. Le campus de l’Université Nationale du Rwanda est un campus à l’américaine, avec ses grands espaces verts, ses grands bâtiments et sa salle de spectacle qui ferait honte à beaucoup de salles de spectacle françaises. Ce bref séjour au Rwanda m’a permis de constater le virage anglophone qu’a pris le pays. Tous les panneaux sont en français et en anglais au sein de l’Université et la présentation du festival s’est faite dans les 2 langues. Le rythme imposé par les représentations (matin, après-midi et soir) ne m’a pas permis de voir autre chose que l’hôtel et l’université. J’espère toutefois pouvoir y retourner et prendre le temps de visiter la région.
Je suis à présent de retour à Ngozi pour terminer mes enseignements de cette année académique et faire passer pas moins de 17 examens. Allé, courage !
Bises à tous, prenez soin de vous.
Béné
15:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Episode 17 : rhume heurt
Bien que l’on puisse les cueillir un peu partout, je vous conseille d’avoir votre fournisseur officiel qui veillera toujours à la fraîcheur des ragots et vous fera profiter des nouveautés et des exclusivités. Si vous doutez des ragots que vous avez trouvés « à la sauvette », consultez votre pharmacien (de même si vous trouvez des champignons) ou votre revendeur pour vérifier l’authenticité du ragot. Si telle personne (la voisine, le cousin, le collègue) atteste le ragot, alors c’est un bon ! Plus vous aurez de personnes à certifier l’authenticité du ragot, mieux ce sera.
Pour les amateurs de ragots, j’envisage d’ailleurs de vous faire profiter des ragots exotiques. Différentes variétés sont déjà disponibles : ragots de la passion, ragots tropicons, les bananaragots... j’en passe et des meilleurs. Pour vous servir cette soupe de ragots, une deuxième version de ce blog sera prochainement en ligne : « Le Ragoût des Autres ».
Voilà, vous l’aurez compris, un petit coup de gueule sur toutes les histoires qui circulent à propos des personnes différentes qui dérangent les autres personnes qui n’ont rien d’autre à faire que cultiver cette plante de m**de !
Voyager vous apprend beaucoup de choses, de très belles et de moins belles, comme l’universalité de la bêtise. Pour ceux qui idéalisent les sociétés étrangères (et si possible lointaines), ouvrez les yeux ; l’Humain, beau et laid à la fois, est le même sur toute la planète. Pour les autres qui pensent que ces gens là sont moins cultivés et que « leur manque d’éducation » nourrit ce ragotage, regardez donc autour de vous et voyez toutes les preuves de la bêtise humaine : l’automobiliste qui a failli vous rouler sur les pieds, les « faut faire attention car les manouches sont installés pas loin... », « il a l’air louche celui-là » etc.
Ne vous inquiétez pas, vous savez que je retrouve le moral rapidement et je ne vais pas m’arrêter à ces conneries, quand même ! Je voulais juste vous faire partager mon « coup de gueule » et pourquoi pas (si ce n’est pas trop ambitieux de ma part) vous faire réfléchir sur la question (sommes-nous semeurs, cultivateurs, éradicateurs ou simple observateurs ?).
Allé, bises à tous.
15:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.06.2007
épisode 16
Amahoro* tout le monde.
Plusieurs semaines se sont écoulées depuis mon dernier message. Mais que s’est-il donc passé ?
Il faut que je vous dise la vérité : j’ai été séquestrée par des religieuses qui exigeaient une double ration de haricots au repas pour compenser les allers-retours à pied entre la chapelle et la maison ! Je sais, ça parait invraisemblable...et ça l’est ! Bon, j’essaie de trouver une bonne excuse... Plus sérieusement, mon ordinateur était simplement retourné chez le « docteur » pour se faire soigner. Ce qui n’a servi à rien, si ce n’est à mobiliser mon ordinateur pendant trois semaines. Il reste en effet tout un tas de virus... En plus, ce faux docteur a réussi à perdre le câble de mon appareil photo ! Youpi !...Bref, pas d’ordi, pas d’épisode. Et maintenant, plus de photo !
A part cela et pour résumer ces dernières semaines, je dirai «cours, préparation, correction, cours, préparation, correction... » je sais, ça parait follement excitant mais ce n’est pas parce qu’on vit au cœur de l’Afrique qu’on a une vie trépidante tous les jours. En tous cas, ce rythme de cours me permet de terminer l’année d’ici quelques semaines. Il me reste 45 heures d’enseignement et 17 examens à faire passer et à corriger... heureusement que les effectifs sont réduits ! Tellement réduit, que l’on menace de fermer la section... Ah non alors ! On ne va pas se laisser faire tout de même ! Avec un collègue et un étudiant, nous sommes donc partis sur les routes à la rencontre des lycéens pour faire la « promo » de l’université de Ngozi et de notre département en particulier. Nous avons eu des moments d’échange très intéressant avec ces jeunes qui sont finalement très mal informés sur leur orientation après l’examen d’Etat (=bac). Ces petites virées m’ont aussi permis de mieux connaître mes collègues et les étudiants.
Un autre événement m’a aussi permis d’échanger davantage en-dehors du cadre de l’université. Malheureusement c’était lors des funérailles d’un collègue. L’enterrement était à Bujumbura alors nous sommes tous descendus de Ngozi pour la messe, puis nous sommes remontés après la réception. Etrangement, cette journée n’a pas été si triste puisque le retour s’est effectué en 6h au lieu de 2h, ponctué par un arrêt « brochette-bière » et un deuxième « bière-brochette ». Ces arrêts étaient de vrais moments de détente et de rigolade avec les collègues... histoire d’oublier un peu l’enterrement...
Au Burundi, tous les événements de la vie (et de la mort) sont de bonnes occasions pour boire des bières.
Voilà, quelques nouvelles un peu rapide... vous m’en excuserez, je le sais. Désolée pour le morcellement d’information, je veillerai à ma ligne éditoriale la prochaine fois (n’est-ce pas Ludo !).
Pour les amateurs de rando qui cherchent une destination pour leurs prochaines vacances, vous êtes les bienvenus ! Je reviens d’un week-end à Bujumbura où nous avons marché avec les copains 4 heures dans les collines qui dominent la ville... Superbe !
Pour les autres, il y a toujours le 4x4 mais c’est moins sympa.
Merci à Mme et M. Favre de leur visite et d’avoir acheminé les colis jusqu’ici !
Bises à tous et portez-vous bien.
Béné
* salutation dont la traduction littérale est "la paix"
11:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


