22.03.2007

Episode 12

Je suis désolée pour le manque d’illustrations depuis quelques semaines. Je n’arrive plus à télécharger de photos sur le blog, ni en les insérant dans le texte, ni en les mettant dans un des albums... Zut, vous loupez qlq chose ! enfin... je voudrais pas vous faire rager mais vraiment, les dernières photos sont terribles !... Quoi ? Comment ça, je vous énerve !?

Vous loupez donc les photos de l’anniversaire de Denis (... mais si ! « Denis-et-Sarah » volontaires à l’orphelinat de Busiga, à 20 min de route de Ngozi, vous situez ?). Nous étions donc réunis ce week-end à Busiga avec Céline, Marie, Julien, Thimoté et donc Sarah-et-Denis (expression figée comme Marc-et-Sophie ou Laurel-et-Hardy) pour partager un bon gâteau au chocolat... sauf que c’était ma dernière tablette... snif ! C’est vraiment dommage car le chocolat est trop cher ici et avec Pâques qui approche, je peux dire que c’était un réel sacrifice... Avec un peu de chance, il y aura peut-être une tablette « tombée de l’avion », ou alors peut-être des gens gentils et attentionnés (comme Titel et Arno qui auront un beau cadeau à mon retour ;o)) m’enverront un jour qlq grammes de chocolat dans un colis... Ahhh, si seulement c’était possible... mais je n’ose rêver... (heu... j’en fais un peu trop ???)

Bref ! En tous cas dès que je peux, je mets sur le Net la photo de Denis dans son pantalon de pyjama  « léopard » que nous lui avons offert, pour qu’il soit enfin assorti à son canapé imitation peau-de-bête, baptisé par Céline style « Mobutu ». Je pense que c’est le début d’une longue série de cadeaux kitch qui nous a été inspirée par les intérieurs burundais (et même africains, si vous me permettez cette généralisation). A ceux qui croient encore que les quelques masques congolais, les batiks, le jembé et tout autre objet d’artisanat africain trônant fièrement dans l’appartement constituent une décoration purement « africaine », eh bien, vous vous trompez ! A vrai dire, on ne retrouve en Afrique cette décoration que dans les endroits chics où la concentration de Blancs au mètre carré augmente autant que les tarifs sur la carte des consommations.

Voici quelques conseils pour décorer votre maison comme les Vrais gens en Afrique (en tous cas au Burundi). Tout d’abord, vous aurez pris soin d’accrocher au mur et en évidence dans son cadre en plastique doré, une scène de chasse (style vieille Angleterre) ou un paysage de montagne (comme celui dans lequel Heïdi a grandi, et avec le berger allemand, c’est encore mieux !). Les canapés sont évidemment d’inspiration « Mobutu », avec des variantes selon les goûts : impression zèbre, léopard, ou pourquoi pas girafe ? Dessus, vous aurez délicatement posé un joli napperon jaune et rose fluo (si ! c’est possible !) qui ne servira à rien si ce n’est à tomber chaque fois que quelqu’un s’assiéra. Pour les peintures intérieures, je vous conseille un beige (sobre) accompagné d’un marron... mais pas le joli marron-chocolat de la page 27 de Elle Décoration. Non, non, un vrai marron style 70s, celui qui se mariait si bien avec le orange et le vert anglais. Sur vos étagères, ou mieux, sur la télé, vous placerez ce joli bouquet de vraies fleurs en plastiques que vous avez dégoté dans les rues de « Buja ». Vous aviez craqué pour le bouquet pailleté ? Génial ! N’hésitez pas à laisser vos guirlandes de Noël toute l’année dans le salon, cela montrera à vos invités que vous au moins, vous avez les moyens d’en acheter. Oubliez les rideaux et les meubles « tendance » achetés chez Fly ou Ikea ; courrez chez votre grand-mère et échangez votre mobilier contre ses vieux rideaux à fleurs, sa commode et son buffet rustiques.  Embarquez également le guéridon, ça fera toujours un endroit de plus pour poser un napperon fluo. Faisant face au portrait du Président de la République (burundaise, française, grolandaise... à vous de voir) au-dessus de la porte de la cuisine (mais pourquoi la cuisine ?), le portrait du Christ avec son teint porcelaine auréolé de paillettes (en trouve-t-on encore en France ?) protègera la maison et la famille. Pour les non chrétiens, vous afficherez votre côté philosophe grâce à un cadre sur lequel on pourra lire ce genre de phrase qui vous plongera dans de profondes réflexions métaphysiques (ex : « Si la mer bouillait, il y aurait bien des poissons cuits »), avec ce rayon de soleil qui transperce des nuages et la colombe qui s’envole, whouaw, la classe !

Voilà, vous avez déjà l’essentiel. A vous maintenant de poursuivre la déco, avec une préférence pour tout ce qui brille, qui a des paillettes ou des froufrous. N’hésitez pas à surcharger. Bien sûr, j’attends les photos, les idées et les astuces déco !

A part cela, aujourd’hui c’est le printemps mais comme à l’habitude, il fait une 20aine de degrés et le soleil radieux suit (ou précède) les pluies torrentielles. Mes cours se passent bien,  même si je sens que je perturbe un peu (beaucoup) mes étudiants dans leur « laisser-aller », mais j’aimerais vraiment qu’ils apprennent à réfléchir un peu par eux-mêmes... Certains étudiants « s’accrochent » et d’autres sont déjà largués mais je ne perds pas espoir. Parfois je suis compréhensive et j’amène les choses doucement et puis certains jours, comme aujourd’hui je les bouscule davantage... Je verrai peut-être quelques résultats d’ici deux ans, qui sait ? Les examens arrivent avec leur lot de copies à corriger. Pfff, trop dur avec 10 étudiants par cours !

 

Félicitations aux nouvelles et aux futures mamans. Je vais faire un stage de nounoutage à l’orphelinat de Busiga. Je crois que je maîtrise déjà pas mal l’avion et « ainsi font font font les marionnettes » mais pour ce qui est du fameux « sandwich à la nouille », je n’ai pas encore réussi à le traduire en kirundi... mais c’est pas grave, je m’amuse beaucoup avec mes copains de 3 ans ! (Eh... oui, toujours aussi mature la Béné... pfff.... affligeant !)

 

Bisous collants avec le nez qui coule, poils aux coudes !

Béné en pleine régression infantile, poils aux chevilles !

14.03.2007

Episode 11

Oui, je vous entends déjà « ouais ! t’étais où ? On s’inquiétait, tu ne donnais pas d’nouvelles ! »... Polé, polé (= désolée), on sait tous ce que c’est (ici ou ailleurs, finalement, les choses ne changent pas) : on n’a pas forcément l’inspiration pour écrire, puis quand on veut s’y mettre, il y a les cours à préparer ou la lessive à faire (3 heures pour une grosse lessive, mais là, je n’avais vraiment plus rien à me mettre !), ou bien on est invité à gauche à droite et puis il y a bien un moment où il faut dormir ! En tous cas, je suis loin de m’ennuyer ! Après un week-end à Busiga, marquant l’inauguration du jeu des « Mille bornes », j’étais repartie pour une semaine de cours intensifs avec préparation des cours suivants l’après-midi. Mais mon esprit était en réalité focalisé sur la fin de semaine (on était le 1er mars) qui correspondait au début d’un week-end de 4 jours à Bujumbura. Bon, ok, on pourrait me dire « ce n’est qu’un week-end de plus à la capitale. Finalement, ce n’est ni le premier, ni le dernier. » Oui, mais c’est omettre le programme que nous nous étions fixé avec les copains, à savoir : virée à Saga Resha pour piquer une tête dans le Tanganika... ah là, tout de suite, vous me comprenez mieux ;o) Malgré le temps un peu couvert, on a profité de l’eau chaude (chaude pour une Bretonne, tiède pour tout autre personne anormalement constituée) et des brochettes de poissons à déguster les doigts de pieds en éventail ET dans le sable. Pardon ?... Qu’ouis-je ? « Ce sont des vacances, tes 2 ans de coopé ! », « tes grandes idées sur le développement, ton engagement pour la solidarité, hein ? ça se passe sur une plage de sable fin ?! » _ Non, évidemment ! Mais comme vous l’avez compris, mon travail à l’université est hyper stressant (je plaisante), et donc j’ai besoin de me ressourcer... Et puis on fait tourner l’économie locale, c’est bien, non ? Mais le temps des restos sur la plage et des sorties dans les bars a une fin, et nous voilà repartis pour une semaine de boulot. Et là, je pulvérise mon record du nombre d’étudiants dans une même classe, en même temps : 19 ! (ils devraient être 21, mais bon...) whouah, je double mon effectif ! Tout cela parce que mon chef a « fortement » invité (i.e. c’est obligatoire) les étudiants de 3ème et 4ème année à assister à mon cours de traductologie (si, si ça existe !). Ce qui me fait plaisir car je revois toute la méthode de traduction avec eux, notamment le fait qu’un dictionnaire n’est pas une bible, et qu’ils ont des connaissances personnelles qu’ils doivent exploiter... ou lala ! Révolution ! Eh oui, c’est fini l’époque du mot-à-mot, maintenant on analyse, on synthétise, on décortique un texte, on fait des choix et on porte un regard critique sur la traduction... enfin... dans l’idéal, parce que je m’attaque à des années de formatage « ne pensez pas par vous-même et surtout ne développez pas votre esprit critique, ou vous serez maudits à tout jamais !!!! (ok, ça, c’est de moi. Mais sincèrement, j’exagère à peine). Ma semaine s’est achevée sur « ma fête avant l’heure ». Après avoir encaissé la remarque (bien intentionnée) des Sœurs selon laquelle j’ai pris « au moins 3 ou 4 kg » et que « ça se voit quand [je] marche », j’ai reçu un message d’amis (qui devaient venir dormir à la maison) m’informant qu’ils préféraient dormir à l’hôtel. C’en était trop ! Comme je ne suis absolument pas susceptible, j’ai décidé de rester chez moi tout le week-end et de me « défouler » dans mon jardin ! Croyez moi, on se sent mieux après avoir déterré 150kg de briques enfouies dans la terre. Il fallait dégager tout cela pour mettre le fumier et pour planter les haricots verts, les salades, la ciboulette, le persil, sans oublier les courgettes et les radis. Vous connaissez Nicolas le Jardinier ? Et bien, sa petite cousine éloignée, c’est moi ! A présent on a un (presque) beau jardin, assez de briques pour construire un barbecue et je ne suis plus fâchée avec personne. Je profite d’une éclaircie pour filer au cyber et mettre ce nouvel épisode sur le blog. Bises à tous et prenez soin de vous. Oh, tiens... je crois qu’il me reste du sable entre les doigts de pieds... (toutes les photos sont maintenant sur l'album, désolée, l'élégance de la mise en page perd un peu... mais c'était trop long à télécharger)