27.02.2007
Episode 10
Episode dix
« Murakomeye ? » ...et là vous répondez « Ego », ce qui veut dire que vous allez bien, et si ça ne va pas, vous répondez quand même « ego » parce qu’on ne dit pas quand ça ne va pas. Eh oui, voilà mon enseignement de ces derniers temps. Tout est question de subtilité et d’interprétation dans la communication avec des Burundais ; par exemple si on vous demande en mariage et que vous déclinez par un « non », il est fort probable que la personne comprenne « oui, peut-être un jour si tu insistes ». De même, à la question « tout se passe bien ? », un « oui, oui » sera l’expression d’un malaise. Ainsi moi qui croyais évoluer dans « le monde merveilleux de l’évêché de Ngozi », j’ai réalisé que plusieurs de mes initiatives avaient été mal perçues, comme manger chez moi matin et soir alors que la salle de cuisine n’était pas encore achevée... et personne n’était venu m’en parler. L’information a donc transité par Monique, notre chargée de mission DCC, cette dernière ne venant qu’une fois par an, j’espère qu’on va pouvoir traiter en direct, sinon ça risque de devenir tendu ! Mais pas de soucis, après une période de réajustement, tout rentre dans l’ordre.
C’est assez déstabilisant cette fuite de la confrontation, voire même de la communication par peur d’un conflit potentiel... surtout quand l’on traite de questions aussi importantes que le nombre de fourchettes à disposition pour Julien et moi ou de savoir si on prendra le repas dans le réfectoire ou dans notre maison. Vous imaginez quand il s’agit des vraies questions de fond ?!
A part cela, je viens de passer deux semaines vraiment sympa mais épuisantes ! L’arrivée de Xavier et Julien a été marquée par une augmentation de ma fréquentation des cabarets (sorte de bars, équivalent du « maquis » de l’Afrique de l’Ouest... Désolée pour les amateurs, mais il n’y a aucune fille « légèrement vêtue » qui danse sur les tables), marquée aussi par une réduction de mon cycle de sommeil et une légère accentuation des poches sous les yeux ; mais un renforcement des muscles zygomatiques indéniable ! Bref, c’était la fête ! Eh oui, « c’était » car Xavier notre collègue belge est déjà reparti en Belgique pour terminer ses études. Mais les bazungus (blancs) de Ngozi n’ont pas dit leur dernier mot...ou plutôt, n’ont pas bu leur dernière bière !
Le week-end dernier, nous avons retrouvé pour la première fois tous les volontaires DCC du Burundi et de Tanzanie, Monique notre chargée de mission ainsi que deux étudiantes en journalisme et un journaliste professionnel, venus dans le cadre d’un projet européen pour faire des reportages sur les volontaires et le Burundi. La petite nouvelle, c’est que vous risquez prochainement de lire dans Ouest France, édition de Saint-Malo, le portrait d’une malouine partie enseigner l’anglais dans une université au Burundi pendant deux ans... C’est dingue, une fille qui fait exactement la même chose que moi ! (heu...oui, là je fais ma blonde )
Deux semaines riches de rencontres et de partage. Cela m’a fait le plus grand bien de pouvoir échanger sur ce que nous (les volontaires) vivons chacun de notre côté. C’était aussi pas mal de raconter ma vie à une journaliste pendant des heures sans avoir l’air de la saouler, ni devoir payer le tarif d’une séance psy à la sortie !
A côté de cela, je continue mes cours et mes étudiants semblent très contents de notre travail ensemble... en tout cas, c’est ce qu’ils ont dit à Sophie, le jeune journaliste. Mais peut-être ont-ils dit cela en pensant l’inverse, pour éviter le conflit avec moi et de mauvais résultats aux examens... ou alors, ils ont dit cela en pensant que j’allais comprendre l’inverse mais en exprimant l’inverse je comprends alors l’inverse de ce qu’ils pensent... et inversement, non ?
Bon, je ne sais plus trop... je vais donc profiter de ce week-end tranquille pour récupérer de toutes ces émotions.
Bisous à tous et n’oubliez pas, parfois pour rendre la vie plus simple, il suffit de CO-MMU-NI-QUER !!!
18:09 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Salut ma Béné, il me tardait de te lire,ça me manquait.
Je vois que partout il y a des tensions si on ne parle pas franchement, un ptit moment pénible à passer mais ça àl'air d'aller. Je vois que tu fais la fête et tu as bien raison, pourquoi tu ferais pas comme tout le monde sous pretexte d'être au Burundi.
Ici il fait pas beau, mais on va pas se plaindre, à la Réunion c'est une horreur. Mon cousin n'est pas sorti de chez lui depuis plusieurs jours et les routes sont coupées.
Sinon, comme notre puce ne veut pas montrer son nez, demain on déclenche l'accouchement et j'ai trop peur, il parait que c'est plus long et douloureux, on verra.
Je t'envoie un mail des que possible pour te tenir au courant.
Gros bisous ma Béné.
Titell
Ecrit par : Titell | 27.02.2007
Murakomeye ?
juste pour voir si ça marche ..
bonne soirée et bon séjour
Ecrit par : bernard | 27.02.2007
Coucou petite Béné !
Ahhh j'te reconnais bien là...à faire la fete jusqu'à pas d'heures....Non mais !!
Bon et surtout, tu nous dit si t'as une info du jour où tu passeras dans le Ouest France. Ok miss ? Faudrait pas que je loupe ça...
Gros bisous
Ecrit par : Sophie | 01.03.2007
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