02.03.2009
Fair play/Fair Trade
Ami internaute, si tu cherches des histoires qui se déroulent au Burundi, consulte les notes précédentes.
En réalité, je voulais que le document PDF s'affiche. C'est une "planche" en réponse à une offre d'emploi pour une ONG britannique qui fait de l'Education au Développement. J'ai choisi de traiter le travail des enfants que nous cautionnons (malgré nous?) par notre façon de consommer.
Cette page est un premier essai de ce genre... Mes derniers dessins "façon BD" remontent à mes scribouillages de lycéenne, c'est-à-dire au siècle dernier!
23:09 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.08.2008
Goodbye Tantine
L’heure des au-revoir est aussi celle des révélations. Ainsi mes collègues et les étudiants de Lettres ont organisé, pour mon départ, une réception (je n’oserais pas dire « petite », vu les efforts qu’ils ont fournis pour organiser cela). Bière, Fanta, brochettes… rien n’a manqué. ET surtout pas les discours : celui du doyen de la faculté, celui des étudiants et le mien. Oui, tout à fait ! Je me suis également pliée à cet exercice périlleux du discours en public. Bien sûr, il manquait toute la virtuosité métaphorique que permet le kirundi. Mais apparemment, je n’ai pas été trop mauvaise, puisqu’ils m’ont félicitée pour mon discours… à moins que ce ne fusse par pure courtoisie parce que je leur avais dit tout le bien que je pense d’eux.
Durant le discours du représentant des étudiants, j’ai appris qu’ils m’avaient surnommée pendant ces 2 ans « Tantine » ! Ce qui nous a fait beaucoup rire. Décidément, mon collègue n’était pas le seul a trouvé que je les maternais. Mais cela me fait plaisir, car c’est plutôt gentil (enfin… je l’ai pris comme tel) et l’on sait tous que les étudiants sont loin d’être tendres lorsqu’il s’agit de donner un surnom à leurs professeurs.
Même si je ne souhaite pas rester, je sais déjà que ces étudiants vont me manquer… mes collègues aussi, d’ailleurs. Je crois que ce n’est pas partout que l’on peut avoir une telle relation avec ses étudiants. Ils sont pleins d’énergie et de volonté. Malgré leurs conditions financières parfois difficiles, leur vie de famille à mener (certains sont mariés et déjà parents), les moyens matériels de l’université qui frustrent la curiosité intellectuelle, ils s’accrochent à suivre ces 4 années d’études dans une langue qui n’est pas la leur et que l’on demande de maîtriser parfaitement. Mais surtout, ils m’ont supportée pendant ces 2 ans. « Supportée » dans les 2 sens ; ils ont subi mes humeurs, mes ras-le-bol de répéter tout le temps la même chose, mes remises en question, ils ont accepté une prof qui marche à pied ou qui vient en taxi-vélo et qui parfois a une chaussure trouée (ce qui change de quelques profs qui se donnent des airs supérieurs parce qu’ils ont atteint un certain niveau social). Mais ils m’ont aussi « supportée » ou « portée », lorsque le moral était au fond de mes baskets trouées. Tous ces matins où lorsque le réveil sonne, je me disais « hmmm, j’ai pô envie d’y aller… pfff », bien sûr j’y allais quand même et finalement, la journée se passait mieux que je ne le prévoyais car, contrairement à moi, ils semblaient toujours de bonne humeur (mais comment font-ils ?!), toujours extrêmement polis et je dois dire qu’ils sont assez bon public car ce n’est pas difficile de les détendre avec une petite blague pendant le cours.
Voilà, je sais que j’ai beaucoup écrit sur mes étudiants, souvent pour râler. Mais une « tantine » est aussi là pour cela, pour dire ce qui ne va pas, pour rouspéter parfois, pour féliciter aussi. Finalement, c’est comme une vie de famille, il y a des hauts, des bas, le quotidien qui s’installe. Mais quand il faut dire au-revoir, on est tout malheureux.
Cet épisode est sûrement le dernier de ce blog, car il me reste 10 jours avant de reprendre l’avion, et je ne suis pas sûre d’avoir le temps de vous écrire une nouvelle fois. Peut-être aurai-je envie d’écrire à mon retour pour donner mes impressions « post-Burundi ». Mais je ne souhaite pas continuer davantage car ce blog avait pour objectif de garder le contact avec vous tous pendant ces 2 ans, car les moyens de télécommunications traditionnels ne le permettaient pas. Une fois sur le sol français, je serai joignable par téléphone et mail 7/7j, 24/24h pour le mail, pour le téléphone je compte sur votre savoir-vivre pour ne pas appeler au milieu de la nuit (exception faite pour le 31 décembre).
Merci à tous de m’avoir suivie pendant tout ce temps. Merci pour vos commentaires, votre soutien et vos compliments (merci aussi pour les petits mots du 13).
Bises à tous et à très bientôt en chair et en os !
11:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.07.2008
Les Bonnes choses ont une fin… Rassurons-nous, les mauvaises aussi !
… Oui, je sais, c’est sûrement quelqu’un qui souffre au fond de lui, et qui ne sait pas comment trouver une solution. Un collègue psychologue l’a déclaré dépressif. Certes, mais je ne suis pas venu au Burundi pour être la psy de profs européens névrosés et à la retraite qui pensent oublier leur mal-être en changeant d’hémisphère pour rendre service à « ces pauvres Africains ».
…Ou lalala… C’est pas très chrétien, tout ça. Je paierai sans doute pour ces quelques lignes. Quoique… Six mois de cohabitation avec mutamax, c’est une facture largement payée, non ?
Il y a donc des départs dans l’air. Mais certains départs serrent le cœur. D’abord parce que c’est la fin d’une aventure avec des amis, et cela me rappelle que je vais également faire mes valises dans peu de temps. Ainsi je viens de passer mon dernier week-end à Busiga en compagnie de Sarah et Denis, rejoints par Céline, Estelle et Armel, nos copains « de la capitale ». Finalement, le week-end s’est passé comme d’hab’, avec de la bonne cuisine, des jeux, les vannes qui fusent dans la maison, du temps avec les enfants… Comme si rien n’allait changer, peut-être pour profiter simplement des derniers moments.
D’ailleurs, Sarah me faisait cette réflexion : on attendait ce départ avec impatience, mais maintenant que l’heure approche, ça fait drôle.
Pourtant on aura râlé, pesté, parfois craqué parce qu’on n’en pouvait plus des « Muzungu, donne-moi l’argent », des comportements ou raisonnements insensés (selon nous, bien sûr) de certaines personnes, des coupures d’eau et d’électricité (enfin, surtout à Busiga), des lessives à la main, des arnaques des commerçants, de la nonchalance de certains Burundais… Bref, toutes ces choses qui font comprendre que ce n’est vraiment pas facile de vivre dans un autre pays que le sien, où les repères, les refuges que l’on a, sont limités, où l’on ne comprend pas grand choses des règles tacites de la société. Alors on se plante, on ne comprend pas, on s’énerve et petit à petit, toutes ces choses ont pompé notre énergie, alors qu’on en avait plein, au départ.
Alors quand sonne l’heure du départ, on est fatigué mais on repense davantage à tout ce et ceux qu’on quitte. Parce qu’il y en a, des gens biens au Burundi, plein même ! Des gens qui nous ont accueillis et ont fait l’effort d’essayer de nous comprendre, et parfois de nous supporter. Des gens qui nous ont laissé prendre des initiatives et nous ont parfois soutenu dans les changements que l’on souhaitait apportés, en acceptant la nouveauté, la différence, la remise en question. Des gens qui nous ont donné quelques clés pour mieux comprendre la société, qui nous ont fait partager des moments de leur vie personnelle. Des gens qui nous ont toujours accueillis et salués avec le sourire, sans jamais avoir un mot plus haut que l’autre, malgré l’inconstance de nos humeurs (là, je parle pour moi).
Il y a aussi toutes ces petites choses sympas du quotidien : être dehors presque toute l’année, aller à pied au boulot en regardant les collines verdoyantes dans la lumière du matin, le contact parfois théâtral avec les gens dans la rue ou dans les commerces, se poser dans un cabaret, prendre une brochette et une bière et faire des rencontres tout le temps, parfois des rencontres improbables, comme un vendeur de peaux de serpent habillé en cow-boy, être salué par des gens ou des enfants dans la rue qui sont trop fiers d’avoir dit bonjour à la muzungu. Avoir toute la liberté au travail car, quoiqu’on fasse, c’est très bien. Cette légitimité du blanc est quand même dérangeante, car il faut soi-même poser ses garde-fous, mais c’est quand même plus agréable qu’un chef qui ne laisse rien faire.
Voilà, ce qui revient à l’esprit à l’approche du départ, alors que quelques jours auparavant on était encore en train de se dire « vivement le départ ! ».
Mais tout ça ne veut pas dire que je souhaite rester pour autant. Là, les batteries commencent à être à plat et un retour au bercail s’impose.
D’ici là, je profite donc de ces dernières semaines même si le boulot n’est pas fini : je termine mes cours dans 3 jours (youpiii !), mais les examens vont suivre en aout. Autant dire que ça va passer très vite !
Bises à tous!
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